Blog Miss Delza : Actualité sur la marque, les créations et la mode

Vous trouverez sur ce blog les dernières nouveautés et créations de Miss Delza, mais pas que ! Vous pourrez lire également des articles sur l’art de vivre, sur la mode, les cuirs et autres matériaux, de life style. Miss Delza souhaite partager avec vous ses réflexions, bons plans et astuces pour les femmes  ayant un goût prononcé pour la mode et bien sûr les sacs originaux de créateurs français ! 

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Cristobal Balenciaga : La couture est un art


Le Palais Galliera consacre au Musée Bourdelle jusqu’au 7 juillet 2017 une exposition au couturier espagnol Cristobal Balenciaga« Balenciaga : l’œuvre au noir ». Avec la mise en perspective des œuvres de Bourdelle et des créations de Balenciaga, une évidence s’offre à nous : Balenciaga n’était pas un simple couturier. Cristobal Balenciaga excelle dans les robes du soir comme dans les robes de jour ou de cocktail. Il se dégage de ses créations une extrême sophistication. Les coupes minimalistes , le travail délicat des dentelles et des broderies , l’absence d’ornement superflu et la prédilection pour le noir assurent à ses créations une grande modernité.

Le parcours d’un prince de la couture

Cristobal Balenciaga(1895-1972) est originaire du pays basque espagnol . Sa mère qui était couturière l’initie très jeune à la couture. Une cliente de sa mère admire son habileté et l’encourage à poursuivre dans la couture. En 1908 il entre en apprentissage chez un tailleur à San Sebastian (pays basque espagnol). Il travaille dans plusieurs maisons espagnoles où son talent est très vite remarqué. Puis en 1917 il crée son premier atelier à San Sebastian. Il habille la famille royale et les dames de la haute société espagnole. Il créera trois boutiques en Espagne. La guerre civile espagnole éclate en 1936, Balenciaga s’exile d’abord à Londres puis à Paris où il ouvrira en 1942 sa maison de couture Avenue Georges V. Il connaît rapidement un grand succès. Mais il est toujours resté très discret. D’ailleurs on connaît très peu de choses sur sa vie privée. Il collectionnait les vêtements traditionnels anciens et les livres de mode. Il était très croyant et était resté très attaché à son pays natal. Balenciaga n’a jamais fait de publicité pour sa maison, il n’apparaissait jamais aux défilés et accordera une seule interview peu de temps avant sa disparition.
En 1968 il décide de fermer sa maison car la mode ne correspond plus à l’idée qu’il s’en faisait. Il est scandalisé par l’essor du prêt-à-porter. En effet seul le sur-mesure comptait pour lui.
En 1986 le groupe Kering rachètera la maison Balenciaga et relancera la marque.

La haute couture parisienne à l’heure espagnole

Un véritable couturier

Les racines espagnoles de Balenciaga se reflètent dans ses créations : les vêtements traditionnels espagnols ainsi que les grands maîtres de la peinture espagnole seront pour lui une source d’inspiration constante.

Cristobal Balenciaga dessinait rarement ses modèles. C’est pourquoi il existe très peu de croquis de sa main. C’étaient ses assistants qui réalisaient les croquis pour l’atelier ou les dessins pour les clientes. Grâce à son apprentissage chez un tailleur il savait couper, monter et coudre un vêtement à la main. Il était capable d’imaginer un vêtement sans passer par le dessin. Il concevait les premières ébauches à partir de toile noire contrairement aux autres stylistes qui utilisaient de la toile écru. La toile noire lui permettait de visualiser immédiatement la ligne et le volume du vêtement.

Le vêtement traditionnel et l’habit religieux: la rigueur du noir 

La sobriété et la couleur noire de l’habit religieux vont lui inspirer la construction du vêtement. Comme les maîtres de la peinture espagnole il nous offre une palette de noirs. Balenciaga exploitera toutes les nuances du noir grâce aux différentes matières qu’il utilisera pour ses créations. Les superpositions de matière ,les oppositions entre mat et brillant, entre opaque et transparent lui permettront de donner du volume à ses vêtements. Balenciaga travaillera le velours, le taffetas, le crêpe de soie, le satin, la faille , le drapé de laine et le « gazar ». Le gazar est une soie brillante nacrée qui a été créée à sa demande par la Société Abraham en Suisse.
Le noir met en valeur la coupe du vêtement et souligne la pureté des lignes. Tel un peintre ,Balenciaga maîtrise la palette du noir.
On retrouve dans ses manteaux et dans ses vestes l’influence des capes, des châles et des manches larges du vestiaire traditionnel espagnol .Il saura réinventer les capes en manteau et les manteaux en pèlerine . Les formes amples et arrondies rappellent les personnages de Vélasquez et de Goya.
Balenciaga retravaillera la forme des cols. En effet ses cols enveloppent et dégagent le cou en même temps . Cela donnera à la femme une allure royale digne des infantes d’Espagne . Il s’inspire des cols des soutanes ou des fraises de l’habit des souverains espagnols. Il renouvelle en permanence la ligne de ses créations. Il proposera la ligne « Tonneau » en 1947, la ligne »Ballon » en 1950, la ligne « Semi-ajustée » en 1951, la ligne « Tunique » en 1955. Ses robes sont très bien coupées avec un tombé impeccable et ses silhouettes épurées.

Les costumes folkloriques : les ornements


L’habit de lumière du torero et les robes des danseuses sévillanes inspireront le créateur.
Le goût pour les dentelles lui vient certainement des « mantilles espagnoles ». Son travail remarquable de la dentelle multipliera les effets graphiques que nous retrouvons dans les volants délicats de ses robes. Là encore les volants tourbillonnants des robes « flamencas » seront une source d’inspiration pour lui. Comme d’ailleurs les riches broderies et les passementeries raffinées de l’habit du torero. Il saura parer ses créations des plus belles broderies notamment celles de la Maison Lesage.
Il n’ y a pas chez lui d’ornement superflu qui pourrait alourdir la silhouette. Pour mieux souligner les lignes épurées de ses robes, il jouera du contraste subtil entre le noir et le blanc mais aussi entre les couleurs chatoyantes comme le rose et le rouge des costumes populaires espagnols.
Il se servait des rubans de satin, des plumes, des broderies ,des perles, des guipures et de la dentelle pour rehausser la pureté de ses lignes .Toutes ces matières donnent du relief et créent de la profondeur et du volume. Les accessoires comme le chapeau ou le bibi servent à  mettre en valeur les lignes.
En véritable architecte Cristobal joue à construire et à déconstruire le vêtement. 







Comment la rigueur du noir, la profusion d'étoffes, de couleurs vives , de dentelles, de broderies, de formes amples, de lignes structurées  aboutissent à une telle sobriété et simplicité? Il fallait pour réussir tout cela le  talent d’un artiste à la fois tailleur , sculpteur , architecte et peintre.
Avec Monsieur Cristobal Balenciaga la couture est devenue un art !


Catégorie(s) : Actualité Mode

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